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la procédure régionale de validation des acquis
annales : épreuve de résumé de texte

2006 - 2004

2003

Durée : 2  heures - Note sur 20 points.  

Résumez le texte ci-après en 206 mots. A la fin de votre résumé, vous indiquerez le nombre exact de mots utilisés. Un écart de 10 % en plus ou en moins est admis. Le terme SDF ne compte que pour un mot.

Qui sont les sans domicile fixe ?

17 octobre 2002, "Journée du refus de la misère". Comme c'est le cas depuis la première édition en 1987, de nombreuses manifestations ont eu lieu, éparpillées dans de grandes villes françaises et étrangères, dont Bruxelles et New York. Quand on évoque la misère, l'image des sans domicile fixe (SDF) vient naturellement à l'esprit. Et pour cause ; ils sont visibles dans les rues, les stations de métro ou les gares. Une présence - voire une appropriation de certains lieux - dans l'espace public, qui selon Julien Damon, « provoque depuis une vingtaine d'années des réactions dans la population (généralement compatissantes, mais parfois hostiles), un intérêt médiatique et scientifique et un investissement institutionnel (déploiement de programmes ponctuels et de politiques de long terme) ». Or, le constat général trahit le principal problème auquel sont confrontés les associations, les politiques publiques et plus généralement tous les acteurs de la prise en charge : « Dans un dialogue sur les sans-abri, les interlocuteurs parlent rarement de la même chose ».

Qu'entend-on par le terme de SDF ? Les personnes qui fréquentent des services destinés aux sans-abri ? Celles qui, sans habitat stable, vont d'une adresse à une autre ? Ou bien celles qui « peuvent être spontanément repérées dans la rue comme SDF », autrement dit l'image d'Epinal des clochards ? Si on prend en considération la complexité de la prise en charge - mesures d'urgence l'hiver, programmes sur le long terme touchant aux soins, à l'emploi, ou encore au logement - et les modes d'intervention, la situation s'approche dangereusement d'un véritable sac de nouds : « La prise en charge des SDF est un ensemble hétéroclite de réponses à un problème hétérogène, sans véritable principe d'action unificateur. »

Même si, donc, la question SDF reste « un problème hétérogène », les études menées depuis une dizaine d'années permettent de mieux comprendre les caractéristiques de cette population. Ces travaux soulignent que « les SDF, même les plus marginalisés, ne vivent pas dans un monde différent. Au contraire, on observe un continuum de situation entre les personnes vivant dans la rue et celles qui séjournent dans des centres d'hébergement  [.] ou des logements précaires. » Pour comprendre ce qu'est la population des SDF, il faut retenir de ces travaux que, d'une part, elle n'est pas constituée d'un « stock » humain figé, mais faite d'entrées et de sorties. D'autre part, elle n'est pas une catégorie sociale homogène, le vécu de l'un, en terme de revenu, de lien social ou de logement ne correspondant pas à la situation d'un autre. J. Damon considère les SDF, pour son analyse, comme la cible d'une action publique. Il les envisage également comme des acteurs sociaux, agissant selon des croyances, effectuant des choix, développant des stratégies à plus ou moins long terme, et ayant des opinions, des idées, des valeurs. Leurs décisions peuvent être mal comprises - par exemple refuser d'être hébergé dans des structures spécialisées - mais ne sont pas pour autant irrationnels - Le refus peut être motivé par le besoin de préserver sa dignité ou le rejet d'une promiscuité trop douloureusement subie. Par acteur, il faut aussi entendre que le relâchement des liens n'équivaut  pas à une situation de mort sociale. Les relations familiales, l'intégration ou le lien de citoyenneté peuvent être modifiés, transformés, fragilisés, ils n'en restent  pas moins existants.

Et pour rendre compte de leur mode de vie, J. Damon emploie le terme de bricolage, au sens « de débrouillardise, de tâtonnements et de capacités d'adaptation », un bricolage de ressources qu'ils peuvent saisir.Tout d'abord, les SDF bricolent pas nécessité économique, mais pas seulement. Les SDF cherchent à améliorer des conditions d'existence instables et frustrantes, en déployant des ressources d'imagination et d'innovation. Ils sont obligés de vivre au jour le jour, et doivent faire face aux imprévus du quotidien. Même s'ils agissent souvent seuls, certains d'entre eux échangent des conseils et des « tuyaux » avec d'autres sans-abri. Chacun gère sa vie à sa façon, utilise ou non les aides publiques proposées, tâtonne, découvre et affine ses méthodes de survie, mais toujours en disposant « d'une vue d'ensemble sur ce qu'il veut et peut faire en fonction de ses compétences et de ses objectifs ». Avec le temps, les SDF  se constituent des répertoires de discours ou d'action, qu'ils adaptent selon le contexte, et nombre d'entre eux connaissent très bien la nature et la qualité des services proposés par les différents acteurs de la prise  en charge. « La vie quotidienne des SDF ne peut donc être une existence bohème, chaotique, désordonnée, irrationnelle. » Elle est au contraire faite d'habitudes et de rythmes assez précis, qui peuvent être largement suffisants pour occuper une journée. Mais ces répertoires d'action évoluent, les modalités de bricolage également, en fonction des évolutions du système de prise en charge et des étapes personnelles de la « carrière » SDF.

GILLES MARCHAND - Sciences Humaines n°134 - janvier 2003

2002

Durée : 2 heures - Note sur 20 points.

Résumez le texte ci-après en 128 mots. A la fin de votre résumé, vous indiquerez le nombre exact de mots utilisés. Un écart de 10 % en plus ou en moins est admis.

Familles pauvres d'aujourd'hui

Deux ans d'expansion économique, accompagnés d'une baisse spectaculaire du chômage, nous ont fait découvrir ce paradoxe apparent : aujourd'hui, en France, la pauvreté grandissante des familles les plus démunies n'est pas nécessairement liée à l'inactivité. Telle est l'une des leçons qu'il faut tirer du rapport "Familles et pauvreté" remis récemment à la ministre déléguée à la Famille, Ségolène Royal.

En 2001, on estime, en effet, qu'en raison du temps partiel, 3,2 millions de personnes travaillent pour un salaire inférieur au Smic. Et si les emplois dits de bas salaires (moins de 5 000 F par mois) représentaient en 1983, 11 % des salariés, ils sont en 1998, 17 % concernés. Pire encore, les emplois à très bas salaire (moins de 3 750F par mois) sont passés, pendant la même période, de 5 à 10 % ! Et si l'on ajoute à cela le fait que les nouveaux emplois créés en direction des jeunes sont, dans une très grande majorité, des contrats à durée déterminée au statut précaire, et qu'une proportion importante des emplois à temps partiel ne sont pas choisis mais contraints, on découvre une forme de "pauvreté laborieuse".

De très nombreux travailleurs chargés de famille sont dans des situations économiques catastrophiques. Avec une différence de taille : ces travailleurs ne sont pas des chômeurs. Ce qui signifie que la pauvreté n'est plus une conséquence de l'inactivité et qu'elle est, de ce fait, moins identifiable.  Faire aveuglément confiance aux effets mécaniques de la reprise sur la situation de ces familles serait un leurre : 6 % des salariés, selon le Centre d'étude des revenus, seraient en situation d'extrême pauvreté. Le pourcentage n'a pas varié,  il aurait plutôt tendance à augmenter.

Mais le pire, c'est que 80 % des travailleurs qualifiés de pauvres sont des femmes. Les familles monoparentales, dont elles assument généralement les charges alimentaires et éducatives, représentent tout de même 1,7 million de foyers. Or, que constate-t-on ? L'arsenal de mesures spécifiques qui encadrent ces populations sur le plan social (endettement, logement, couverture maladie universelle), au lieu de permettre l'accès au droit commun, les enferme dans une assistance rendue contraignante du fait de leurs complexités. Le droit à l'intimité de ces familles est d'autant moins respecté que la pauvreté expose à un surcroît  de visibilité qui, en retour, fragilise et disqualifie davantage. Enfin, la qualité des services attendus par ces familles auprès des organismes n'est pas toujours à la hauteur des prétentions affichées par les institutions censées s'en préoccuper.

Bref, les familles pauvres apparaissent comme les victimes d'un contexte économique et technocratique qu'elles assument silencieusement et dignement, sans pour autant récolter ni les fruits de la croissance ni ceux de leur civisme.

A l'heure où s'expriment, à gauche, des états d'âme sur l'incapacité à saisir les attentes du terrain, nul doute qu'une lecture attentive de ce rapport offrira à ceux ou à celles qui veulent changer les choses matière à s'interroger sur l'addition des fragilités qui minent en silence des populations responsables.

Par Jean-Michel DJIAN - Professeur associé à l'Université de Paris VIII - Ouest France du 20 avril 2001

2001

Durée : 2 heures - Note sur 20 points.

Résumez le texte ci-après en 204 mots. A la fin de votre résumé, vous indiquerez le nombre exact de mots utilisés. Un écart de 10 % en plus ou en moins est admis.

Pauvreté : nouvelle donnes

Dans une citée HLM de Bucarest qui a connu des jours bien meilleurs, Liliana prépare un ragoût pour le dîner. « Mais sans viande. La viande, ce serait un luxe », constate cette enseignante du secondaire. Elle appartenait autrefois à la classe moyenne. Aujourd'hui, à 41 ans, elle estime avoir rejoint le groupe des « nouveaux pauvres » roumains, apparus à la suite de l'effondrement de l'Etat dans l'ancien bloc de l'Est.

A l'autre bout du monde, à Djakarta, où voitures de luxe, marques prestigieuses et ambitions effrénées symbolisaient il n'y a pas si longtemps le boom de la croissance, la récente crise financière a déprimé l'économie du jour au lendemain et fait basculer dans la pauvreté des pans entiers de la société indonésienne. Au cour de la résidence pour classes moyennes de Bumi Serpong Damai par exemple, les enfants fouillent les ordures pour récupérer des bouteilles usagées et de vieux journaux. Les adultes emploient souvent des moyens plus radicaux. « Ils sont facilement tentés par le vol », confie un vigile de la résidence.

Au même moment, au sud-est d'Haïti, dans le village de pêcheurs de Cabique au bord de la mer des Antilles, une communauté entière s'enfonce chaque jour un peu plus dans l'indigence. Avec la déforestation, les pluies tropicales lessivent les sols et charrient à la mer des tonnes d'alluvions qui étouffent les coraux où viennent se nourrir les poissons. Résultat : les poissons - le gagne-pain du village - désertent les lieux pour chercher leur pitance ailleurs. « Cela fait 10 ans que je n'ai rien fait, absolument rien, parce qu'il n'y a rien à faire ici » lance Victor, 35 ans, ancien militaire. Père de trois enfants, il vivote en participant aux récoltes dans les environs.

Ailleurs, des millions d'autres personnes sont enfermées dans le cercle vicieux d'une pauvreté qui se perpétue sans fin, de générations en générations. Dans le  village de Mimetala, à 30 kilomètres de Yaoundé, la capitale du Cameroun, Marie Biloa, 80 ans, est incapable de travailler depuis 15 ans, date de son accident de voiture. Une compagnie d'assurance privée lui a versé une indemnité mais son gendre s'est enfui avec l'argent. Depuis, elle est privée de tout moyen de subsistance : l'Etat  ne fournit aucune aide aux personnes âgées. Marie Biloa rêve de reprendre son ancien métier - elle vendait des casse-croûtes dans la rue - , mais elle ne possède pas les 18 dollars requis pour lancer ce petit commerce et le reste de sa famille ne peut l'aider. Sa fille a été abandonnée par son mari. Son petit-fils de 20 ans est malade, sans qu'on sache de quoi il souffre. La famille ne peut pas s'offrir le luxe de l'emmener à l'hôpital pour y faire des analyses. Marie Biloa en est réduite à vivre de la charité des villageois.

La pauvreté est comme une maladie entrée en rémission pour mieux reprendre  ses assauts. Au cours des dernières années, elle a ressurgi là où on la croyait vaincue. Les exemples roumain, indonésien et haïtien le montrent : les causes profondes du phénomène sont multiples.  Elles vont du vide politique suite à la chute d'un régime autoritaire à l'effondrement des marchés financiers tenus hier encore pour le plus sûr remède contre la pauvreté, en passant par les catastrophes naturelles et la mauvaise gestion de l'environnement. Ces facteurs ont un impact inouï. En Asie du Sud-Est, des dizaines de millions de personnes ont rejoint les rangs des pauvres de la planète en l'espace d'à peine deux ans. Dans l'ex-Union soviétique et en Europe de l'Est, 170 millions de personnes ont subi le même sort au cours d'une décennie. Et pour une grande partie de l'humanité, la pauvreté se perpétue depuis des lustres sans aucune lueur d'espoir

Comment la faire reculer ? Durant les années 80, on a cru que le marché jouerait un rôle de bienfaiteur pour les pauvres. Baptisée « consensus de Washington », la théorie chère aux institutions multilatérales de prêt basées dans la capitale américaine entrevoyait ainsi les « retombées » de la croissance économique. Si l'on veillait à ce que les marchés fonctionnent bien, les économies prospéreraient et la richesse finirait par « retomber » sur les plus pauvres. Telle était la théorie. Dans la pratique, le marché n'a pas tenu ses  promesses.

Rubens Recupero, secrétaire général de la CNUCED (Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement), évoque l'émergence d'un nouveau consensus en matière de lutte contre la pauvreté. Personne ne prétend détenir de remède-miracle mais tout le monde admet, semble-t-il, qu'il est vital d'agir simultanément à plusieurs niveaux : le marché, l'Etat et les pauvres eux-mêmes doivent travailler de concert pour échafauder des solutions.

John KOHUT - Le courrier de l'UNESCO de mars 1999

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date de création : 30 Septembre 2003
dernière mise à jour : 1 Juillet 2004
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