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Les syndromes respiratoires aigus sévères ou pneumopathies atypiques

Interview du médecin inspecteur chargé du suivi en Loire Atlantique

Où peut-on s'informer, d'une façon générale, sur les Syndromes Respiratoires Aigus Sévères ?

Plusieurs sites régulièrement actualisés délivrent des informations de nature sanitaire, épidémiologique ou pratique: le site du ministère de la santé, celui de l'Institut national de veille sanitaire (INVS). Il existe aussi un numéro vert , mis en place pour informer les personnes revenant ou se rendant prochainement dans une zone géographique à risque.

Quel est le contexte dans lequel s'inscrit l'action des autorités ?

Il s'agit d'une maladie d'origine virale encore mal connue. Sa propagation, à ce stade et sur le territoire français, ne relève pas de la gestion d'une situation de crise mais d'une organisation de défense sanitaire civile : ce qui est en jeu est la protection de l'ensemble des personnes se trouvant sur le territoire. Mais la prise en charge évolue en permanence, en fonction de l'évolution de nos connaissances, de l'évolution de la propagation, de l'évolution des diagnostics. Ainsi actuellement, les critères de diagnostics sont à la fois de nature clinique, biologique et radiologique. Mais les protocoles seront modifiés au fur et à mesure qu'apparaîtront de nouveaux outils de diagnostic

Peut-on prévoir l'évolution de la maladie ?

L'évolution est incertaine. Nous ne sommes pas, pour l'instant, dans une phase de décroissance. On constate aussi que le déplacement des populations vers les zones à risque ne s'est pas considérablement réduit. Peut-être en partie parce que ce risque n'est pas pris en charge par les assurances.

Comment s'organise la prise en charge de cette maladie ?

Elle se situe à trois niveaux de responsabilité :

       National.

       Zonal, correspondant au découpage de l'organisation de défense militaire (9 zones en France). Concernant l'Ouest, le Préfet de zone est situé en Ille et vilaine. La DRASS de Bretagne étant chargée du niveau sanitaire.

       Le niveau départemental est placé sous la responsabilité du préfet de département, avec l'appui technique des DDASS.

L'état des lieux est fait quotidiennement sur le site du ministère. Les protocoles de prise en charge sont réactualisés au niveau national au fur et à mesure de l'évolution de la maladie et de l'évolution des connaissances.

Et en Loire Atlantique ?

L'exemple de la Loire Atlantique permet de mieux comprendre la gestion de la question au niveau départemental. En premier lieu, on adapte les protocoles nationaux au contexte local. Par exemple, dans le protocole national, on a retenu 9 hôpitaux de référence, correspondant aux hôpitaux des zones de défense.  Sur notre secteur, il s'agit du CHU de Rennes. Cependant, le CHU de Nantes s'est organisé pour décharger le CHU de Rennes. Il prend en charge les patients susceptibles de développer la maladie.

Quelles sont les particularités du contexte dans le département de Loire Atlantique ?

Nous sommes confrontés à deux types de problèmes : la zone portuaire de Nantes/St Nazaire où arrivent des navires en provenance du monde entier. Ce volet ne soulève pas de grosses difficultés. Nous avons mis en place le dispositif d'accueil en lien avec les autorités portuaires. De plus la tradition maritime a toujours intégré la notion de quarantaine, il n'y a rien de choquant.

Dans le cas qui nous occupe qu'est-ce que la quarantaine ?

La quarantaine est l'isolement d'une population potentiellement contagieuse sur une durée à déterminer en fonction de la pathologie. Pour celle-là, il faut 10 jours.

Quelle est l'autre situation que vous évoquiez ?

L'autre situation concerne l'aéroport international de Nantes-Atlantique. Pour l'instant il n'existe aucun vol direct en provenance des pays situés dans la zone à risque. Ce ne sera plus le cas à partir de mai. La mise en service de vols directs nous impose la mise en place d'un dispositif.

En quoi consiste-t-il ?

Il s'agit d'abord, comme à Roissy, d'un dispositif permettant d'assurer le suivi des passagers. Le contrôle consiste à faire remplir une fiche déclarative donnant aux autorités les moyens de joindre le passager dans les 10 jours qui suivent son entrée sur le territoire français. On peut être amené à refuser l'entrée sur le territoire français d'une personne qui refuserait de se soumettre au contrôle sanitaire. La douane ou la police aux frontières est habilitée à le faire, dans la mesure où le respect du règlement sanitaire est opposable à l'entrée sur le territoire.

Comment ce dispositif de suivi s'articule-t-il avec les risques sanitaires ?

A ce stade, l'ensemble des autorités sanitaires considère que les personnes infectées asymptomatiques ne sont pas contagieuses. Autrement dit, en période d'incubation, le risque de contagion est considéré comme nul. Il suffit donc de pouvoir suivre la personne afin d'agir si les symptômes se déclarent.

Des mesures sont-elles envisagées pendant les vols ?

Il existe bien entendu des dispositions spécifiques de prise en charge en vol pour un passager présentant des symptômes, notamment l'isolement.  Pour ce qui nous concerne dans un tel cas, le commandant de bord prévient l'aéroport  et le protocole d'isolation et de transfert à l'hôpital  (avion - SAMU - CHU) est mis en place.

Quel est le rôle de la DDASS dans la mise en oeuvre de l'ensemble de ces dispositifs ?

Des réunions ont été organisées avec le SAMU, la gendarmerie du transport aérien, la police aux frontières, les douanes, la chambre de commerce et d'industrie et les compagnies aérienne. La DDASS valide les dispositifs retenus. Nous pouvons dire que nous sommes constamment dans le « pratico-pratique » et son anticipation.

Quels sont les points forts et les points faibles de cette expérience ? 

Par exemple,  nous n'avons aucun moyen de contrôler les déplacements par vols intérieurs, ou par trains. En outre en cas de sur encombrement (un vol détourné sur Nantes pour raisons climatiques par exemple) il y aura peut être surcharge, peu de personnes étant habilitées à faire du contrôle sanitaire.

Quant aux aspects positifs, on peut souligner que les décisions sont prises en temps réel. Du ministère aux DDASS, la réactivité est totale. On a le sentiment d'un système maîtrisé. Ce constat est positif pour la prise en charge d'autres accidents, de nature terroriste par exemple.

 

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  Version 2 date de création : 29 Avril 2003 dernière mise à jour : ...