Une prévention pour bien vieillir
Eléments de contexte
L'allongement de la durée de vie, et l'amélioration de l'état de santé des
personnes âgées, comptent au nombre des acquis de nos sociétés industrialisées.
Cet état des lieux favorable s'explique en partie par l'évolution des systèmes
de santé, et par l'amélioration des conditions de vie et de travail.
Rien cependant n'autorise à considérer ces améliorations comme définitivement
établies. Dans certaines pays (ex Russie), la courbe de vie pourrait s'inverser.
Récemment en France, les conséquences de la canicule sur la population des
personnes âgées ont bien montré à quel point elle demeurait fragile, en dépit,
ou au delà des statistiques .
Conscients de la fragilité des acquis, les pouvoirs publics ont depuis quelques
années multiplié les initiatives en ce domaine. La prise en compte du processus
de vieillissement s'est ainsi élargie à une approche préventive, envisagée
à la fois sous l'angle de la prévention des risques, et sous celui de la promotion
de comportements favorables.
L'étude de l'activité professionnelle à la survenue de la dépendance :
une prévention pour bien vieillir
Commandée, à la suite de la Conférence
Régionale de Santé en novembre 2001, à la Conférence Régionale
des Retraités et Personnes Agées (CORERPA) cette étude a fait le choix de
promouvoir l'éducation à des comportements favorables, en posant comme principe
que la réponse collective doit stimuler et accompagner la dynamique individuelle.
Elle entend en outre dépasser l'angle des besoins de santé sous lequel la
réflexion est le plus souvent abordée, s'agissant des personnes âgées.
La CORERPA est présidée par le Préfet, le vice président étant le Président
du Conseil Régional des Pays de la Loire. Les CODERPA en sont la déclinaison
départementale.
Trois thèmes sont développés :
de l'activité professionnelle à la retraite
La période de transition couvrant les dernières années d'activité professionnelle
et le passage à la retraite. est particulièrement favorable au développement
d'une culture de prévention pour l'ensemble de la population. La prise de
conscience doit intervenir très en amont. Elle passe par la mise en place
d'une information en direction des 45-60 ans (incitation à une démarche d'anticipation,
réflexion sur les représentations du vieillissement, généralisation de la
préparation à la cessation d'activité).
Des différences très sensibles apparaissent entre catégories socio-professionnelles
pour ce qui concerne l'allongement de la durée de vie, et sa qualité, aussi
des préconisations sont faites tendant à l'amélioration des conditions de
travail, entendues sous l'angle de la pénibilité physique et psychique du
travail, de la diminution des risques professionnels, et des emplois précaires.
Les employeurs seraient, bien entendu, les partenaires privilégiés dans la
mise en place des actions proposées.
En complément l'accent est porté sur la nécessité d'organiser le suivi médical
pendant cette période transitoire de façon à limiter les risques sanitaires,
ou à les dépister le plus tôt possible (bilan de santé systématique par le
médecin du travail au moment du départ, liaison entre médecin du travail
et médecin traitant, suivi particulier, au delà du départ en retraite, pour
les personnes ayant exercé des professions à risque..)
du temps libre pour une retraite active
L'objectif est de prévenir ou de reculer les effets invalidants du vieillissement,
et d'optimiser cette période de la vie, où disponibilité et capacité de rester
actif restent intactes, en termes de cohésion sociale et d'enrichissement
personnel et collectif.
La création de lieux ressources est préconisée, dépassant les missions des
Centres Communaux d'Action Sociale (CCAS) et des Centres Locaux d'Information
et de Coordination (CLIC) actuellement en place. S'appuyant sur des réseaux
et des interlocuteurs existants, favorisant par le choix de leur implantation
la proximité de l'information, soucieux de ne pas marginaliser leur public,
ces lieux auraient vocation à devenir des lieux d'animation, y compris inter-générationnels.
Ainsi une large information sur les champs d'activités possibles permettrait
au jeune retraité d'y effectuer un choix pertinent, qu'il prenne la forme
d'un projet personnel ou d'activités bénévoles et d'utilité sociale.
Sur ce dernier champ, les actions proposées s'intéressent non seulement aux
moyens de développer ou de consolider le bénévolat mais à son positionnement
avec l'élaboration d'une charte en particulier.
Une approche de l'intergénérationnel moins traditionnelle et réductrice s'avère
nécessaire afin de renouer les liens distendus entre les différentes périodes
de vie.
Enfin la promotion d'une hygiène de vie en lien avec l'âge fait l'objet de
plusieurs préconisations.
la survenue de la dépendance
Comment identifier la dépendance à ce moment de la vie où peuvent apparaître
des signes de perte d'autonomie et quel accompagnement proposer qui soit,
autant que faire se peut, source de prévention : les préconisations couvrent
alors la réponse aux besoins des personnes, qu'elles soient dans leur environnement
habituel (domicile) ou qu'elles n'y soient plus.
Dans le premier cas (soutien à domicile) les actions proposées visent à renforcer
la professionnalisation des intervenants à domicile, à évaluer leurs actions
et à soutenir les « aidants » naturels ( famille, amis..).
A ce stade, le développement d'une véritable médecine préventive de proximité
et d'accompagnement de la vieillesse est nécessaire.
Des actions visent à développer et à adapter l'approche de la médecine générale
aux patients âgés, tout en renforçant, parallèlement, une approche spécialisée
(gériatrie et gérontologie). Bien entendu l'articulation la plus étroite
et la plus dynamique possible est indispensable entre généralistes et spécialistes.
C'est en préconisant le recours à une médecine spécialisée le plus tôt possible
(dans le cadre des spécialistes ou chez un généraliste formé à cet effet)
que le rapport propose un éclairage nouveau.
En effet, les conseils adaptés dès le début du repérages de signes de vieillissement
peuvent en ralentir le processus.
Conclusion
Centré sur l'objectif « bien vieillir pour retarder la dépendance »,
ce rapport ouvre des pistes dans de nombreux domaines de vie. En ce sens il
intègre et enrichit les préoccupations du plan national sur le bien vieillir 2003-2004
qui met l'accent sur l'hygiène de vie, et les exercices physiques et intellectuels.
Il apporte un regard neuf, et s'efforce de ne pas stigmatiser les personnes
âgées.
haut de page
|